En Malaisie, des compléments alimentaires douteux prospèrent sur les réseaux sociaux malgré les avertissements répétés

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En Malaisie, des compléments alimentaires douteux prospèrent sur les réseaux sociaux malgré les avertissements répétés

La Nécessité d’une Vigilance Accrue face aux Compléments Alimentaires en Ligne

KUALA LUMPUR – Une tragédie récente impliquant une femme malaisienne, décédée après avoir consommé des compléments de santé, a suscité une nouvelle vague d’inquiétude concernant la vente incontrôlée de produits sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Ces produits, souvent présentés comme remèdes miracles pour obtenir une peau plus claire ou perdre du poids, attirent l’attention des consommateurs en quête de solutions rapides.

Bien que l’enquête sur les circonstances de son décès soit en cours, cet incident souligne une préoccupation croissante en matière de santé publique en Malaisie. Le nombre de patients en dialyse a en effet augmenté, passant de près de 30 000 en 2012 à plus de 51 000 aujourd’hui, de nombreux cas étant associés à la consommation de compléments toxiques ou altérés.

Le 6 novembre, un post largement partagé sur Threads, la plateforme de Meta, faisait état de ce décès, précisant que la femme aurait pris des gommes vendues à 20 RM (environ 6,30 $SG) vantant des bénéfices pour la peau et anti-âge. Ce post a depuis été retiré de la plateforme.

Dans une déclaration faite le 9 novembre, la Division de la sécurité et de la qualité alimentaires a évoqué un produit non nommé contenant du glutathione, un ingrédient actif interdit par la réglementation sur l’enregistrement des médicaments. L’agence a précisé que ce produit ne respectait pas les normes établies par la Loi sur les aliments de 1983.

Bien que le glutathione soit souvent perçu comme un complément pour blanchir la peau, les preuves scientifiques de son efficacité sont limitées. De plus, cet ingrédient peut entraîner des dommages aux reins et au foie, des troubles de la thyroïde ainsi que de graves réactions allergiques. Son utilisation à des fins esthétiques n’est pas approuvée par les autorités de santé.

Un néphrologue souligne que l’usage de tels produits est répandu. De nombreuses personnes, motivées par le désir de modifier leur apparence, se laissent séduire par des informations peu fiables trouvées sur Internet.

Il déclare : “La cause profonde de ce problème réside dans le désespoir et la méfiance envers des sources d’information erronées.” Des patients souffrant d’insuffisance rénale après avoir consommé des produits de minceur à base de collagène sont souvent observés. “De récents produits de minceur sont devenus viraux en ligne, et certains peuvent nuire gravement aux reins”, ajoute-t-il.

Ces produits sont souvent promus sans vergogne par des influenceurs sur TikTok et d’autres plateformes, facilitant l’achat immédiat par le biais des smartphones. Les utilisateurs, influencés par les promesses alléchantes des vidéos, choisissent d’ignorer les dangers potentiels.

Depuis 2008, plusieurs alertes ont été émises concernant ce type de produits, avec des cas avérés de substances toxiques comme le mercure ou des agents éclaircissants interdits. En septembre, des recommandations ont été faites contre plusieurs produits, notamment des patchs traditionnels contenant du mercure ou des crèmes hautement dangereuses.

Malgré les efforts déployés par les autorités, la bataille contre ces pratiques est ardue. Sur Facebook, de nombreux groupes destinés à soutenir les malades diabétiques sont envahis par des posts vantant des compléments douteux, promettant un contrôle des niveaux de sucre dans le sang.

Une femme, âgée de 54 ans, a essayé divers compléments pour gérer son diabète, mélangeant médicaments prescrits et remèdes alternatifs. Sa foi en ces approches alternatives, ancrée dans une tradition culturelle de recherche de remèdes, fait écho à un besoin insistant chez de nombreux consommateurs.

Un autre médecin témoigne qu’un tiers de ses patients consomment des suppléments achetés en ligne. Ces pratiques peuvent entraîner des effets néfastes sur la santé, accentuant le besoin d’une sensibilisation accrue.

Avec une augmentation significative du nombre de dialyses, le fardeau économique pour le système de santé malaisien devrait dépasser 4 milliards de RM d’ici 2040, soulignant la nécessité d’une régulation plus stricte des produits de santé promus sur les réseaux sociaux.

Bon à savoir

  • Prudence recommandée : Évitez de prendre des compléments sans consultation médicale préalable.
  • Consulter des sources fiables : Privilégiez les conseils d’experts plutôt que les recommandations de non-professionnels sur les réseaux sociaux.
  • Suivre les avertissements des autorités : Restez informé des alertes émises sur les produits à risque.
  • Dangers des tendances en ligne : Les produits de santé devenant viraux peuvent avoir des effets néfastes souvent cachés.
  • Éducation et sensibilisation : Une meilleure information sur les dangers des compléments non régulés est cruciale.

Face à la désinformation ambiante, la société a la responsabilité de promouvoir une culture de l’éducation sur la santé. La tentation des solutions rapides peut-elle réellement nous conduire à la guérison, ou pourrait-elle, au contraire, nous plonger davantage dans un cycle de dépendance aux produits non régulés?


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