L’Agence des Médicaments et des Produits de Santé (MHRA) met en garde : les chatbots ne doivent pas remplacer les conseils des professionnels de la santé
Une étude récente menée par Semble, une startup spécialisée dans la santé privée, révèle une tendance frappante : un patient britannique sur quatre se tourne vers des outils d’IA et les réseaux sociaux pour obtenir des conseils médicaux. En août 2025, cette enquête a touché 2 000 patients, représentant une variété de profils, d’âges et de besoins médicaux.
L’étude révèle que 24 % des patients utilisent des plateformes comme ChatGPT ou Instagram pour des informations de santé, tandis que 30 % préfèrent consulter ces outils plutôt que d’attendre un rendez-vous avec un professionnel. Notamment, la génération Z est particulièrement impliquée, avec 34 % des 16-25 ans recourant à ChatGPT et 30 % utilisant TikTok.
Face à ces résultats, le Dr Ed Middleton, directeur de la stratégie à la MHRA, a affirmé que la Commission nationale sur la régulation de l’IA dans le secteur de la santé, lancée en septembre 2025, veillera à ce que ces technologies soient « fondées sur des preuves, transparentes et correctement régulées ». Il a ajouté : « Le plan de santé sur dix ans vise à faire du NHS le système de santé le plus intégré à l’IA au monde. »
« Les progrès réalisés par la commission permettront d’assurer que l’innovation est accompagnée des bonnes protections, afin que le public, les cliniciens et les innovateurs puissent avoir confiance dans l’adoption de l’IA au sein du système », a-t-il précisé. Tout en reconnaissant que des chatbots comme ChatGPT peuvent être utiles pour obtenir des informations générales, il a averti qu’ils ne devraient en aucun cas remplacer les conseils d’un professionnel de santé.
Des professionnels de la santé ont souligné la nécessité de collaborer avec les patients pour tirer parti des outils numériques et de l’IA. L’adoption sécurisée des bons outils d’IA peut contribuer à reconstruire la confiance entre les patients et les cliniciens.
L’enquête a également révélé que 38 % des patients se sentaient mal à l’aise d’évoquer les informations trouvées en ligne avec leur professionnel de santé. Ces outils attirent les patients « par commodité ou par anxiété ». La question n’est plus de savoir si les patients utiliseront l’IA, mais comment s’assurer que cela se fasse en toute sécurité, leur permettant de comprendre les limites et d’aborder ces sujets avec leurs cliniciens.
Des représentants d’organisations de patients ont déclaré que les patients se tournent vers l’IA pour obtenir « des informations opportunes dans un système sous pression » et que le NHS doit « répondre à leurs besoins ». Il est crucial de ne pas minimiser les efforts des patients en matière de recherche personnelle et de les reconnaître comme des partenaires égaux dans leur parcours de soins.
Des préoccupations légitimes concernant la sécurité et la fiabilité des informations de santé en ligne ont été exprimées, plaidant pour une augmentation de la littératie en santé et le renforcement de la réglementation contre les contenus erronés ou trompeurs.
Bon à savoir
- Utilisation des outils numériques : La tendance des patients à s’informer sur la santé via des plateformes numériques est en augmentation, soulevant des questions sur la qualité de l’information.
- Interactions patient-clinicien : La communication ouverte entre les patients et les professionnels de santé est essentielle pour garantir des soins adaptés et efficaces.
- Regard critique sur l’information : Il est crucial que les patients apprennent à évaluer la véracité des informations trouvées en ligne.
- Rôle des médecins : Les cliniciens doivent s’adapter à cette évolution et intégrer ces nouveaux outils dans leur pratique tout en gardant le contrôle sur les décisions de santé.
- Éducation à la santé : Des programmes visant à renforcer la compréhension des patients sur les ressources disponibles peuvent améliorer la dynamique de soins.
Il est fascinant de voir à quel point les nouvelles technologies transforment notre rapport à la santé. Il est important de se questionner sur l’impact à long terme de ces pratiques. Sommes-nous en train de créer un lien plus direct entre les patients et leur santé, ou bien ce changement pourrait-il engendrer une désinformation inquiétante ? La réponse à cette question pourrait bien redéfinir les normes de la médecine de demain.

