juillet 24, 2026

Réseaux Sociaux

Pourquoi les réseaux sociaux dominent-ils le jeu vidéo et la télévision ?

Pourquoi les réseaux sociaux dominent-ils le jeu vidéo et la télévision ?

À travers un suivi de plus de 8 000 enfants âgés de 9 à 14 ans, cette étude longitudinale dissocie l’utilisation des réseaux sociaux d’autres formes d’écran et met en lumière un lien spécifique, bien que modeste, avec une détérioration de l’attention au fil du temps, indépendamment du risque génétique.

Médias numériques, génétique et risque de symptômes ADHD chez les enfants – Une étude longitudinale.

Un article récent montre des recherches visant à établir si les différents types d’utilisation des médias numériques (DM) prédisent des changements dans les symptômes de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (ADHD) chez les enfants au cours de quatre années, tout en tenant compte des facteurs génétiques et socio-économiques.

La prévalence croissante de l’ADHD et les inquiétudes liées aux médias numériques

Environ un enfant sur dix à l’école aux États-Unis (US) présente des symptômes d’ADHD, une situation qui préoccupe les familles et les établissements scolaires. Les parents s’interrogent souvent sur le rôle des DM omniprésents dans notre quotidien. L’ampleur des DM englobe les réseaux sociaux, les textos, les appels vidéo, les jeux vidéo, ainsi que la télévision, mais les recherches ont tendance à les regrouper, négligeant les distinctions entre attention et hyperactivité.

“L’utilisation des écrans et des médias numériques a connu une forte augmentation au cours des 15 dernières années,” de concert avec la hausse des diagnostics d’ADHD. Distinguer quel type de média a un impact et sur qui pourrait orienter les limites d’âge, la conception des plateformes et les rituels familiaux.

Les données antérieures sont souvent contradictoires et surtout transversales, mettant ainsi en évidence la nécessité d’analyses longitudinales qui différencient les domaines des symptômes. Des recherches supplémentaires devraient affiner les mécanismes et les stratégies de protection.

Conception longitudinale et approche de mesure

Les participants provenaient de l’Étude de Développement Cognitif et Cérébral Adolescent (ABCD), un projet multi-sites aux États-Unis, recrutant des enfants âgés de 9 à 10 ans et les suivant chaque année.

Les enfants ont auto-évalué leur temps typique passé en semaine et le weekend sur (a) les réseaux sociaux (textos, sites de sociabilité et appel vidéo), (b) les jeux vidéo, et (c) la télévision et vidéos, à l’aide de l’Youth Screen Time Survey. Les heures moyennes passées chaque jour ont été calculées pour refléter les habitudes habituelles.

Les parents ont évalué les symptômes associés à l’ADHD à l’aide du Child Behavior Checklist (CBCL), comprenant des scores d’inattention et d’hyperactivité-impulsivité dérivés des critères du Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux, Cinquième Édition (DSM-5).

La susceptibilité génétique a été mesurée à l’aide d’un score de risque polygène pour l’ADHD (PGS-ADHD) dérivé des études d’association à l’échelle du génome, les modèles prenaient également en compte les 10 premières composantes principales génétiques (PCs). Les cofacteurs incluaient l’âge, le sexe assigné à la naissance, le site d’étude, et un indice de statut socio-économique composite (SES).

Les réseaux sociaux prédisent une attention en baisse

L’analyse a inclus 8 324 enfants (âge moyen : 9,9 ans, environ 53 % de garçons). Lors des quatre suivis annuels, les enfants ont passé en moyenne environ 1,4 heures par jour sur les réseaux sociaux, 1,5 heures sur les jeux vidéo, et 2,3 heures devant la télévision/vidéos.

Les réseaux sociaux ont montré une petite mais constante association avec une augmentation de l’inattention au fil du temps (β standardisé par an environ 0,03), cumulant à un changement estimé de β d’environ 0,15 sur quatre ans.

En revanche, jouer à des jeux vidéo et regarder la télévision/vidéos n’étaient pas liés à une augmentation des symptômes liés à l’ADHD ; dans certains modèles, ces activités étaient même associées à de légères diminutions de l’hyperactivité-impulsivité, en dessous des seuils de pertinence pratique.

Cette association est spécifique à l’utilisation des réseaux sociaux, distincte de l’exposition générale aux médias numériques.

Les analyses de directionnalité ont renforcé l’idée d’un lien allant de l’utilisation des réseaux sociaux à une inattention accrue, un fait qui semble indiquer que l’inattention ne conduit pas à plus de temps passé sur les réseaux sociaux.

Ce modèle a montré une robustesse à travers diverses vérifications de sensibilité limitant les échantillons et tenant compte de différentes hypothèses sur les données manquantes.

Le risque génétique pour l’ADHD, indexé par le PGS-ADHD, a corrélé avec les symptômes de base et certains comportements médiatiques. Cependant, le PGS-ADHD n’a pas modéré l’association longitudinale entre l’utilisation des réseaux sociaux et l’inattention, même si un effet de modération modeste pour le score de symptômes combinés a été constaté.

Conséquences et orientations futures

Sur une période de quatre ans, une utilisation accrue des réseaux sociaux, contrairement aux jeux vidéo ou à la télévision, était associée à des augmentations fiables mais minimes de l’inattention chez les enfants aux États-Unis, avec des éléments probants suggérant une directionnalité de l’utilisation vers l’apparition ultérieure de symptômes.

Bien qu’il s’agisse d’une étude d’observation, les résultats ne peuvent établir de lien de causalité, mais le modèle temporel et les vérifications de robustesse sont compatibles avec une relation causale probable. La susceptibilité génétique pour l’ADHD (PGS-ADHD) n’a pas modifié ce lien.

Tous les enfants qui utilisent les réseaux sociaux ne rencontreront pas de difficultés, mais familles, écoles et plateformes peuvent agir dès maintenant sur les limites d’âge, la vérification de l’âge et les contrôles de notifications, tout en prenant conscience que ces recommandations vont au-delà des tests empiriques directs de l’étude.

Ces résultats pourraient éclairer l’orientation parentale et les discussions politiques entourant une utilisation saine des médias numériques, tandis que des suivis futurs clarifieront si cette association persiste à l’adolescence tardive.

Bon à savoir

  • Les enfants âgés de 9 à 14 ans représentent une population vulnérable face aux impacts des médias numériques.
  • Les symptômes d’ADHD touchent une proportion non négligeable d’enfants, rendant le sujet crucial pour les familles et institutions éducatives.
  • Une distinction claire entre divers types de médias (réseaux sociaux, vidéos, jeux) peut aider à mieux appréhender les effets sur le comportement des jeunes.
  • Les chercheurs se penchent de plus en plus sur des études longitudinales pour comprendre les dynamiques en jeu sur des périodes prolongées.
  • Exploration des recommandations en matière d’éducation aux médias pour aider les enfants à gérer leur temps d’écran et à réduire les risques.

Cette thématique soulève des questions essentielles sur notre rapport à la technologie. Les réseaux sociaux, tout en offrant une plateforme d’expression et de connexion, portent également une lourde responsabilité quant à la santé mentale de nos adolescents. Il serait judicieux de réfléchir à des solutions qui engagent toutes les parties prenantes pour créer un environnement digital plus sain.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit