La dépendance numérique chez les jeunes : un enjeu qui préoccupe l’Europe
Le Conseil national d’éthique pour les sciences de la vie (CNECV) a récemment sollicité l’expertise du Comité espagnol de bioéthique pour aborder un sujet crucial : l’impact de la dépendance numérique sur la santé des enfants et des jeunes. Cette initiative pourrait offrir des contributions significatives aux démarches en cours pour lutter contre ce phénomène grandissant.
Le Parlement européen a approuvé une proposition instaurant un âge minimal de 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux sans le consentement parental dans les 27 États membres de l’Union européenne. Des mécanismes d’application de cette règle sont également envisagés. En réponse à la question de savoir si la solution réside dans une interdiction ou dans l’éducation, il existe d’autres alternatives, bien que l’idée d’une prohibition sur l’accès à des contenus inappropriés soit soulevée.
Cette position reste personnelle, le rapport final des deux comités ibériques n’étant attendu qu’en janvier. Lors d’une première présentation à Varsovie cet été, des recommandations avaient été adressées aux États, à la société civile, aux entreprises, aux écoles et aux familles.
Commencer par les familles
Le rôle des familles est jugé primordial dans ce cadre. L’inquiétude de voir des enfants en bas âge manipulant des téléphones sans que leurs parents ne soient véritablement présents est grandissante. Selon une étude, un enfant portugais sur trois entre 9 et 11 ans utilise internet via un smartphone plusieurs fois par jour, pour une moyenne de deux heures, tandis que les adolescents de 15 à 16 ans y consacreraient presque quatre heures.
Les deux comités insistent sur la nécessité d’une surveillance des écrans et recommandent aux parents de fixer des horaires clairs, notamment pour les enfants de moins de six ans. De plus, les écrans ne devraient pas être autorisés dans les chambres pendant la nuit.
Prendre ses responsabilités
Les parents doivent être des modèles, tout en prenant en compte la pression exercée par les pairs sur leurs enfants. Promouvoir des activités alternatives comme le sport ou la musique est essentiel. Les comités encouragent également la création de « Centres locaux de littératie numérique pour les familles » au sein des bibliothèques et des centres de santé, avec des ateliers dédiés.
Sur le plan gouvernemental, une classification stricte des applications et jeux numériques est recommandée, tout comme la mise en place d’un réseau social financé par des ressources publiques. La responsabilité des entreprises technologiques est également évoquée, demandant une protection accrue des mineurs.
Éducation : une clé essentielle
Les écoles doivent également répondre aux besoins d’éducation sur la citoyenneté numérique. La réglementation de l’usage des téléphones portables dans les établissements scolaires est essentielle, un pas déjà franchi par le Portugal, qui a interdit ces dispositifs jusqu’à la 5e année.
Il est préoccupant de constater que 38 % des enfants portugais de 9 à 11 ans accèdent quotidiennement aux réseaux sociaux, un chiffre supérieur à la moyenne européenne. Parmi les enfants de 12 à 14 ans, presque 80 % d’entre eux sont des utilisateurs quotidiens des réseaux sociaux.
Bon à savoir
- Influence des parents : L’exemple parental est crucial pour le développement équilibré des enfants face aux écrans.
- Etude EU Kids Online : Cette enquête révèle des données alarmantes sur l’utilisation des réseaux sociaux chez les jeunes au Portugal.
- Initiatives locales : La création de centres de soutien pour les familles sur la littératie numérique pourrait contribuer à améliorer la situation.
- Limites à l’école : La Belgique et d’autres pays discutent également de restrictions sur l’usage des smartphones en milieu scolaire.
- Quid des entreprises ? La responsabilité des entreprises de technologie dans la protection des jeunes utilisateurs est un sujet de débat nécessaire.
La problématique de l’influence des réseaux sociaux et de la dépendance numérique nous interpelle tous. Comment pouvons-nous agir dès aujourd’hui pour construire un avenir numérique qui respecte la santé de nos enfants ?

