Une Réinvention Haute en Couleurs
J’ai décidé de m’engager sur un chemin diamétralement opposé à celui de Felt. Dans ce groupe, nous n’interagissions jamais avec le public. Mais avec Denim, l’idée était claire : « Nous allons mettre en scène un vrai spectacle. » Toutefois, je n’étais pas prêt à me produire en live tant que je n’avais pas de tube. J’attendais d’avoir le budget nécessaire pour offrir un véritable show. Malheureusement, ce tube tant espéré ne s’est jamais concrétisé.
Denim se présentait comme un chant d’amour à la pop « middle of the road », cette promesse de balancer aux oubliettes les icônes du rock pour explorer une histoire musicale souvent ignorée. Imaginez-vous : le glamour bon marché, le côté cocasse de la bulle pop a été mis sur le devant de la scène, sans les pesanteurs des aficionados du rock.
Je suis persuadé que beaucoup partagent mon aversion pour les débuts de certains artistes, souvent imposés comme incontournables, alors que j’affirme haut et fort ma passion pour une pop plus classique et accessible.
Avec Go-Kart Mozart et aujourd’hui Mozart Estate, je poursuis cette esthétique aux influences extravagantes tout en y intégrant une pincée de pop-punk des années 80. J’y trouve même un brin de musique de salle de Cockney mêlée à la comédie musicale. Lionel Bart, le génie derrière Oliver!, est ma source d’inspiration. C’est un peu le reflet de ma propre situation : pas un virtuose, mais plutôt un créateur inspiré.
Mon premier album avec Mozart Estate, Pop-Up! Ker-Ching! and the Possibilities of Modern Shopping, devait initialement s’intituler Poundland, d’après une chaîne de magasins britanniques où tout plafonne à un prix dérisoire. Avec des morceaux comme « Relative Poverty », qui traite de la survie dans un monde de consommation, et « Lookin’ Thru Glass », sur le fait de se sentir exclu des biens de consommation, j’ai voulu créer un album aussi drôle que grinçant.
On m’a conseillé de changer le titre, la réputation de Poundland pour poursuivre en justice étant bien connue. Pourtant, je n’étais pas moqueur, j’affectionne ces magasins, malgré la colère suscitée par l’arrivée de produits à 2 £ !
Le dernier opus, Tower Block in a Jam Jar, reprend d’anciens titres avec un son retravaillé et des arrangements plus aboutis.
En 2005, alors qu’on ne se bousculait pas pour moi, Go-Kart Mozart a sorti Tearing Up the Album Chart, uniquement en CD. Pour moi, un album qui n’existe pas en vinyle n’est pas un véritable album ! J’estimais que ces titres valaient qu’on s’y intéresse.
Aujourd’hui, avec ce nouvel album, je souhaite toucher ceux qui ont été intrigués par mes projets sonores.
L’album propose des chansons sur des collectionneurs obsédés par des disques rock progressif devenus rares et une petite mélodie punk sur les frasques de la jeunesse intitulée « Transgressions ».
Je n’ai jamais vraiment grandi. À croire que j’ai toujours 15 ans. Les adultes ne m’intéressent pas. Je suis plutôt fasciné par la jeunesse et ses escapades. Une anecdote amusante : un ami guitariste m’a raconté comment des jeunes s’illustraient en allant à la plage en se vaporisant du déodorant Lynx sur la langue pour se “détendre” !
En parlant d’échapper aux responsabilités, j’ai une hymne pour ceux qui aiment paresser : « Selfish & Lazy & Greedy », chantée du point de vue de ceux qui savourent un sommeil réparateur pendant que d’autres s’éreintent au travail. Ai-je réussi à éviter un emploi stable toute ma vie ?
Ironiquement, j’ai eu un bon job à mes débuts, travaillant dans un théâtre. J’étais « cellar man », plongé dans les entrailles du bâtiment. Je pense sincèrement que jongler entre un boulot et la musique est enrichissant, surtout au début, car cela impose une discipline. Mais mon rêve a toujours été de devenir musicien professionnel, et me voilà enfin sur le chemin tant désiré, bien que ce fût un long parcours.
Bon à savoir
- Influences musicales éclectiques : Les travaux oscillent entre pop, punk et influences théâtrales.
- Conceptualisation des albums : Les titres des projets reflètent souvent des thèmes contemporains tels que la consommation.
- Titres provocateurs : Une exploration de sujets sérieux comme la pauvreté.
- Réinvention : Les anciens morceaux sont revisités avec une approche moderne.
- L’humour au cœur des paroles : Les anecdotes personnelles enrichissent l’œuvre d’une touche d’ironie.
Dans le monde des célébrités, cet artiste trône comme un grand enfant au cœur joyeux. Qui aurait cru que le monde de la musique cachait tant de facettes ? C’est un peu comme déballer un pot de confiture : il y a la douceur des mélodies et le croquant des histoires qui accompagnent. Alors, qui se joindra à moi pour suivre les aventures musicales de cet éternel adolescent ?

